hedda

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La dernière note remontant au 6 dec, il fallait un événement exceptionnel pour mettre fin à cet enchainement procrastinatique. La lumière est apparue, une voix m' a parlé. Et cette voix était celle de Katharina Schuttler aka Hedda Gabler. Diable que les allemands ont une belle notion des arts vivants. Losque le théâtre hexagonal se fait ampoulé, s'ecoutant, s'enfermant dans des codes contraignants, se chiantisant en resumé (bien sûr les exceptions existent et heureusement), le théâtre allemand s'ouvre en se jouant des codes pour les muer en libertés nouvelles. Les anciens construisent des scènes décadentes à l'image de Castorf que l'on a pu voir avec les Meistersinger à Chaillot et que l'on va pouvoir apprécier avec "dans la jungle des villes" à Bobigny dans le cadre du standard idéal. Les jeunes des scènes plus épurées à l'image de cette Hedda Gabler d'un Ostermeier d'une qualité rare. Ostermeier use de tout avec brio notamment les projections vidéos si souvent galvaudées qui font office ici d'élements descriptifs apportant un éclairage supplémentaire, voire même de didascalie. La mise en scène est d'une intelligence malheureusement trop rare sur les classiques. La dramaturgie de Mayenburg, l'autre enfant terrible de la Schaubühne, ancre le texte dans notre quotidien a coup de mobile et de laptop et place le souci bourgeois des apparences et de ses angoisses inherentes dans une dimension plus large en l'ouvrant sur la peur de la dépossession. A l'heure où l'insee donne des chiffres accablants sur nos craintes de tous perdre comme une espéce de trickle down ayant basculé du côté obscur de la force, Ostermeier offre une lecture pertinente de la tragédie norvégienne vieille de plus d'un siècle.
Le théâtre n'est donc pas seulement qu'onanisme, ouf que c'est rassurant.
J'espere que monsieur Lacascade et madame Huppert était dans la salle pour cette leçon magistrale.

Courrez aux Gemeaux de Sceaux

Crimp boum hue

AtteinteAtteintes à sa vie ! Joli titre, légérement guilleret et innocemment frais laissant présager une pièce toute en positive attitude chère a notre raffarinette lorie.
Jouanneau, à qui l'on doit kaddish (pas une grande réussite de mise en scène) et  mère&fils ( pas une grande réussite d'écriture) livre sa version de la vie de la petite anna de Martin Crimp au théâtre de la Cité Universitaire, fort bel endroit où l'on fait une bien bonne soupe verte. Et jouanneau reste fidéle à lui-même en proposant une pièce en demi-teinte. A sa décharge le texte de Crimp ( que l'on peut écouter en ce moment à l'opéra Bastille où il a réalisé le livret de into the little hill de georges benjamin) ne doit pas être évident à mettre en scène. Les 17 scenarii contant  Anne, anna, anouschka,anoskai.... se succédent à un rythme effreiné. La question que l'on peut se poser durant ces deux heures de représentation est : pourquoi ? Pourquoi une sempiternelle utilisation de la vidéo qui ne fait que doubler ce que l'on voit déja sans aucun apport narratif ni même esthétique. Si c'est vrai, elle permet d'habiller la cimaise du fond sans avoir à trop se creuser la tête et en donnant un coté moderne....  Pourquoi des cabrioles, pourquoi pas mal de choses en fait et surtout pourquoi se laisser aller dans ce qui semble être une facilité de sens.
En bref c'est pas mal (le texte de crimp est vraiment toppissime) mais pas de quoi casser trois pattes à un canard.

bobby

File_231_big_quartett_3g_1BOBBY pimpim BoBBY pimpim.
Il fallait bien qu je voie ça un jour quand même... une mise en scène de mister bobby bobby bob wilson.
Et pour être tout à fait honnête apres la superbe représentation de quartett à la Ville, voir celui de bobby bobby bob wilson était plus que risqué. "A priori" quand tu nous tient. C'était également l'occasion de découvrir un new odeon plus blanc que blanc ( ou plutôt jaune poussin pour être plus précis). Et pour être, mais alors tout à fait honnête, ben en fait... c'était pas mal.  Si Si ! On excepte bien sûr que ce n'est pas du théâtre mais donanisme narcissique, d'un mise en avant du savoir faire (indéniable) de bobby bobby wilson by himself. Le texte de Mûller se fait prétexte à une mise en scène diaboliquement arty.
La cimaise lumineuse colorée est une vraie reussite, le découpe de l'espace scènique un petit bijou (notamment la separation amovible permettant une trés bonne compréhension de la scène en miroir ou merteuil joue valmont et celui ci la Tourvel). Les modulations vocales de miss isa isa isabelle huppert (la "tragédienne" française, d'après ce que j'ai cru comprendre nous sommes peu équipé en tragédienne hexagonales, je n'ai donc du voir que des "comédiennes"  jusqu'à présent) apportent beaucoup à la théâtralité déjà bien installée. L'idée des flashs, bootlegs de l'histoire, souvent gratuits parfois justes, sont une agréable trouvaille. Une représentation donc trés visuelle, très mais alors très loin de ma vision de la scène, mais tout de même sacrément bien fichue.
Hhou ha hou ha bobby yeahhhh ( c mon coté cheerleaders )

de la baal ?

File_227_big_baal_1gDe l'énergie, la cie d'ores et déjà n'en manque pas. De l'inventivité  et la folie non plus au vue de cette création à l'odéon, car il fallait de beaucoup de tous ces éléments pour mettre en scène Baal , piéce de jeunesse de Brecht. Et le résultat est plutôt pas mal du tout. Le seul probleme est un parenté bien trop directe au jeu de la volksbühne et de son génial Castorf, et forcément quand on se frotte à un talent de cette taille on ne peut qu'être derrière. Surtout sur l'énergie et le rythme qui fait cruellement défaut dans la deuxième partie.
Mais l'ensemble reste plus que convaincant. L'elasticité et la force physique déployées par Baal sont tout simplement époustouflantes, une petite mention pour mon Louis Garrel.

C'est un vrai plaisir de voir une jeune troupe plus que prometteuse prenant des risques avec intelligence comme on a pu le voir notamment avec feuer Gesicht de Mayenburg au théâtre de l'est parisien, l'année dernière.

Vivement la prochaine !


Baal au début de la pièce : "aucun ne vit, tous veulent régner. Ils n'ont donc aucune ambition que de la vanité."

My name is Bond !

Chaise_1Ben malheureusement pas grand chose à dire.
Je me faisais une joie d'aller voir Bond mis en scène par Françon d'autant plus que Valerie Dréville tenait le rôle d'Alice, elle que j'ai tellement aimé dans "comme un chant de David". Et au finish, rien, suis resté spectateur tout du long.
Je me demande s'il est possible de voir sur scène des spectacles réels vivants mais surtout vrais. Ici les comédiens ont la diction poussive du "classique contemporain". Le ton est aprété excessivement emprunté notamment concernant "Billy". On pose, on est au théâtre pas de doute.
Bref je ne suis pas rancunier et j'irai quand même voir "naitre"... quoi que....

Chouette c'est la rentrée

Quartett2 Enfin, àprés un été bien qu'agréable car sans parisiens, c'est la rentrée. Et cette année ça commence pas mal du tout. Quartett d'Heiner Müller (ça sonne comme un yaourt allemand de 500 Mg) à la ville. Triple découverte : la pièce, l'auteur, et la salle. Triple plaisir ( ce qui tombe plutôt bien si l'on considere que l'un des thémes de la pièce est la jouissance. Tout d'abord la salle : le trés beau théâtre à l'italienne du conservatoire . La piéce : Heiner réinvente la transubstantation avec ce Valmont et cette Merteuil post guerre mondiale, le langage y est délicieusement décandent et cruel, les rôles s'inversent, le prédateur devenant victime, on y mord, on y penetre, on y aime, on y meurt. Müller finit d'achever l'amour mis deja bien à mal par Laclos. Mention trés trés bien pour les deux comédiens du français : Muriel Mayette, François  Chattot, tous deux exceptionnels d'énergie et de truculence. Bémol cependant sur la scéno parfois lourde voire trés lourde, notamment les projections qui trop souvent ne font qu'illustrer le mot. L'auteur : je dévalise les rayons de l'arche....
C'est complet mais ca vaut lapeine d'aller faire le pied de grue devant le conservatoire.
A voir la version de bobby à l'odeon.

Qui veut le programme

Theatredelaville_1








(me suis permis de voler l'image d'ln...)
Dans Le monde idéal, cette saison à la Ville serait :
Loretta Strong / Homme pour Homme / L'Oratorio d'Aurélia / Quartett / Joseph Nadj / Vandekeybus / Akram Khan & Cherkaoui / Meg Stuart / De Keersmeaker / Pina Bauch2 / Platel.

Liste bien-entendu non exhaustive et non définitive.
Si j'arrive à en voir la moitié ce sera déjà pas mal ;)

cogito trop ergo sum perdu

Dekeersmaeker6 pour le prix d'1 ca fait une belle promo même que Mr Leclerc (transparent sur les prix ceci dit en passant) il fait pas mieux....
D'un soir un  jour, tout un programme, je me voyais déjà me prelassant dans la chaleur vesperale en regardant les corps s'enlasser. Fi de gaudriole avec de Keersmeaker c'est du serieux. Et ce ne sont pas les 6 piéces proposées qui me feront mentir. Comme pour les brochettes jap elles marchent par paire : 2 stravinsky, 2 debussy et 2 benjamin et l'addition s'il vous plait.
La danse de keersmeaker est précise, juste, le vocabulare de danse peut etre un veritable régal mais aussi..... terriblement chiant (bien entendu ça n'engage que moi;) ). Notamment les pièces de George Benjamin, compositeur fort celebre certes mais tellement trop cérébral. On se demande dans quel coin se cache l'émotion. Certainement pas dans le programme ou les envolées emphasées de Claire Diez se font de plus en plus aeriennes.
Cela reste tout de même une fort belle soirée, et qu'il est bon à la sortie de la ville de s'installer sur une terasse pour discuter le score des matches du mondial (activité intellectuelle fort saine!) ou s'achever en ecoutant marteau sans maitre !!!

per la donna principale

Fabre









Quando l'uomo principale é une donna
de Fabre, repris aux abbesses est sans conteste une pure merveille doublée d'un magnifique hommage à la femme.
Jan fabre, qu'on l'apprecie ou qu'on le deteste fait indeniablement parti des créateurs capables de re-inventer des langages, de créer de nouveaux vocables n'en déplaise à quelques thuriféraires bedonnants. Dans quando l'uomo la femme est magistrale. Tout d'abord androgyne se débattant avec une identité masculine avec beaucoup d'humour et de distance, nous singeant (moi et mes congeneres) dans cet état representatif de l'homme fort (j'entends encore le tintentement des deux calots producteurs de gonades). Puis l'huile, s'écoule des bouteilles accrochées au plafond,  agit comme révélateur photographique faisant apparaitre la femme,dans sa parfaite nudité, par le truchement du corps de Sung-im Her danseuse de la troupe de de Keersmaeker. L'huile permet l'invention de nouveaux mots, habille la plastique de la danseuse (on dirait par moment une sculpture de Barney) et empeche l'erotisation de ce corps pour mieux servir le discours. Un plaisir dont il serait dommage de se priver !
On en reste pas de fabre (je sais pas terrible commejeu de mot !)

a marée basse

Waltz2Femmes enceintes et cardiaques s'abstenir. Le dernier spectacle de Sasha Waltz, l'ex directrice associée de la schau, peut être responsable d'une hausse circonstanciée du rythme cardiaque. "Gezeiten" ou le va et vient incessant de l'eau qui nous emmene nous noie et nous abandonne sur un rivage inconnu. La première partie dansée est un veritable regal, les corps s'enlassent, vivent en osmose et douceur, s'ecoutent. Mais la tempête gronde et l'horreur arrive. Une odeur de monde moribond emplit les rangs de la Ville. Sacha Waltz et sa troupe s'attelent à mettre devant nos yeux l'inconcevable, la folie, la frayeur animal d'hommes retranchés survivants. Les images sont fortes (trop fortes peut etre) comme cette femme se faisant lapidée sous les jets de sables. La scène prend feu la fumée envahit la salle, les spectateurs toussent s'inquietent sortent car plus spectateurs mais devenus acteurs de force dans la tragédié tramée par la berlinoise. La question que je me pose dans ces moments, et pourquoi?, pourquoi montrer cette horreur, froidement, quel masochisme derrière tout ca ou quel dandysme decandent wildien. Et si la reponse etait loin de tout ca. Si elle n'etait que le contre poids de cet ecran de verre par le truchement duquel, nous sont diffusées 99% des images qui nous arrivent. Cette television, rempart bienveillant qui nous permet de voir de gens mourrir pendant notre diner sans pour autant nous emouvoir, qui nous permet de voir des enfants tombés sous les balles pas si loin de chez nous sans que l'on se sente mal, que nos jambes tremblent, qui nous permet de voir et revoir des vagues meurtrières emportant vies et devenir. Le théâtre a ceux ci de reel c'est qu'il est fait par des gens physiquement existants que l'on peut toucher sentir, respirer et surement est il un contre poids nécessaire à ces média taiseurs de verité. Un grand bravo a mademoiselle Waltz et a ses incroyables danseurs, comediens, artistes